Arrêt maladie pour burn-out : durée, salaire, droits — le guide d'un avocat
Contenu rédigé par un avocat au barreau de Paris. Les textes et décisions cités ont été vérifiés à la source le 1er octobre 2026, y compris les règles nouvelles sur la durée des arrêts (1er septembre 2026) et sur la durée d'indemnisation (15 octobre 2026).
Si vous lisez ces lignes, c'est probablement que le travail a fini par déborder sur votre santé : une fatigue qui ne passe plus, le sentiment d'être vidé, l'angoisse au réveil. Ce que vous vivez n'est pas une faiblesse. C'est un épuisement professionnel, et il ouvre des droits que la plupart des salariés ignorent.
Ce guide répond aux questions qui se posent dans l'ordre où elles se posent : obtenir l'arrêt, savoir combien de temps il peut durer, de quoi vous allez vivre, ce que vous pouvez faire pendant, puis comment en sortir. Chaque partie renvoie à un guide détaillé. Une règle guide l'ensemble : votre santé d'abord, la stratégie juridique ensuite. On se protège, on se soigne, puis on active les bons droits, au bon moment.
- Oui, le burn-out justifie un arrêt maladie. Votre médecin traitant ou un psychiatre peut vous arrêter ; mentionner un burn-out n'est pas un certificat de complaisance (Conseil d'État, 28 mai 2024).
- La durée : l'arrêt n'a pas de durée maximale, mais depuis le 1er septembre 2026, chaque prescription est plafonnée à 31 jours pour un premier arrêt et à 62 jours pour une prolongation, sauf justification médicale. Les indemnités journalières, elles, sont limitées dans le temps.
- Le salaire : la Sécurité sociale verse la moitié de votre salaire journalier de base, dans la limite d'un plafond. Avec un an d'ancienneté, l'employeur complète (90 %, puis deux tiers). Atteindre 100 % passe par votre convention collective ou votre prévoyance.
- Pendant l'arrêt : si les sorties sont autorisées, vous devez être chez vous de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf « sorties libres » justifiées par votre médecin.
- Et après : reprise préparée, ou sortie négociée. La démission est presque toujours la plus mauvaise option.
Ce guide en un coup d'œil : les guides détaillés
Votre parcours, étape par étape
1. Le burn-out justifie-t-il un arrêt maladie ?
Oui. Le burn-out naît d'une exposition prolongée à des exigences professionnelles trop lourdes : épuisement profond, détachement croissant vis-à-vis du travail, sentiment de ne plus rien réussir. Ce n'est pas un coup de fatigue, et il appelle une vraie pause. Les signaux qui doivent alerter sont détaillés dans notre guide reconnaître un burn-out : symptômes, signes et stades.
Longtemps, des salariés ont craint qu'un arrêt « pour burn-out » soit suspect. Le Conseil d'État a jugé qu'un médecin qui mentionne un « burn out » sur un avis de prolongation d'arrêt, sans disposer d'une analyse de vos conditions de travail par le médecin du travail, n'établit pas pour autant un certificat tendancieux ou de complaisance (CE, 28 mai 2024, n° 469089). Votre médecin est donc libre de constater l'épuisement professionnel et d'en tirer les conséquences.
Un mot d'avocat. Je défends des personnes que le travail fait souffrir ; certaines correspondent exactement à la définition médicale du burn-out, d'autres non, et ce n'est pas l'essentiel. Ce qui compte : quand une souffrance durable liée au travail vous empêche de continuer normalement, il faut s'arrêter, se faire accompagner et préparer la suite. Les personnes concernées ont souvent une forte valeur travail et culpabilisent de s'arrêter. Or l'entreprise se remettra toujours plus facilement de votre absence que vous de séquelles durables. N'attendez pas que « tout explose » : plus on agit tôt, plus la reconstruction est rapide.
2. Comment se mettre en arrêt maladie pour burn-out
L'arrêt est prescrit par votre médecin traitant ou par un psychiatre. Le médecin du travail, lui, intervient sur l'aptitude, la reprise et les aménagements de poste. Parlez ouvertement à votre médecin de vos symptômes, de votre niveau d'épuisement et de leurs conséquences sur votre vie. S'il hésite, expliquez concrètement le retentissement du travail sur votre santé ou demandez l'avis d'un psychiatre, dont le suivi est de toute façon utile si l'arrêt se prolonge. Le détail, avec ce qu'il faut dire et ne pas dire, est dans notre guide arrêt maladie pour fatigue, stress ou burn-out.
Les délais. Lorsque l'arrêt n'est pas transmis de manière dématérialisée par le médecin, vous devez l'envoyer à votre caisse dans les deux jours (art. R. 321-2 du code de la sécurité sociale). Côté employeur, le complément de salaire suppose d'avoir justifié votre incapacité dans les quarante-huit heures (art. L. 1226-1 du code du travail). Doublez l'envoi papier d'un mail : vous aurez une preuve.
Le secret médical. Les éléments d'ordre médical qui justifient l'arrêt figurent sur le volet destiné au service du contrôle médical de la caisse (art. L. 162-4-1 du code de la sécurité sociale). Vous n'avez donc pas à expliquer à votre employeur que vous traversez un burn-out.
Les bons réflexes, si vous en avez la force — et seulement si vous l'avez :
- récupérez vos documents clés tant que vous y avez accès : convention collective et accords d'entreprise, notice de prévoyance, documents internes sur le maintien de salaire. La notice n'est souvent disponible que sur l'intranet, auquel vous pouvez perdre l'accès dès le début de l'arrêt ;
- conservez, avec mesure, les éléments strictement nécessaires à la défense de vos droits (alertes sur la surcharge, échanges révélateurs, relevés d'horaires) sur un support personnel. Évitez les transferts massifs de mails, qui laissent des traces et alertent l'employeur ;
- puis concentrez-vous sur votre santé : médecin traitant, psychiatre, psychologue. Le volet juridique peut attendre que vous alliez un peu mieux.
Une règle ne souffre aucune exception : on n'arbitre jamais « la santé contre le dossier ». Si vous n'êtes plus en état de réunir des preuves ou de formaliser des alertes, arrêtez-vous et soignez-vous. Aucune indemnité ne compense des mois de reconstruction.
3. Combien de temps dure un arrêt pour burn-out ?
Il n'existe pas de durée « normale » : c'est votre médecin qui apprécie, selon votre état, et l'arrêt se renouvelle tant qu'il est médicalement justifié. D'après l'expérience du cabinet, il faut souvent entre six mois et deux ans pour retrouver un fonctionnement proche de la normale après un burn-out important. Mais trois règles encadrent cette durée, et deux sont toutes récentes.
Trois limites à connaître
1. Chaque prescription est plafonnée. Pour les arrêts prescrits ou prolongés depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale est fixée à « trente et un jours pour une première prescription et à soixante-deux jours pour une prolongation » (art. R. 162-1-7-1 du code de la sécurité sociale). Le médecin peut aller au-delà s'il justifie, sur la prescription, de la nécessité d'une durée plus longue au regard de votre situation (art. L. 162-4-1 et L. 162-4-4). Concrètement : un burn-out long se traduit par une succession de prolongations, ce qui suppose un suivi médical régulier.
2. La prolongation doit venir du bon médecin. L'indemnisation n'est maintenue que si la prolongation est prescrite par le médecin de l'arrêt initial ou par votre médecin traitant, sauf impossibilité dûment justifiée (art. L. 162-4-4). Le psychiatre qui vous a arrêté peut donc prolonger ; un médecin consulté au hasard, en principe non.
3. Les indemnités journalières ne sont pas illimitées. En règle générale, vous ne pouvez pas recevoir plus de 360 indemnités journalières sur une période de trois ans (art. R. 323-1, 3°). Les arrêts liés à une affection de longue durée, ou à une interruption de travail de plus de six mois (art. L. 324-1 et R. 324-1), suivent une autre règle, qui vient de changer.
Nouveau — à partir du 15 octobre 2026
Un décret du 16 septembre 2026 distingue désormais deux situations (art. R. 323-1, 2°) : lorsque votre participation aux frais de santé est limitée ou supprimée au titre d'une affection de longue durée (3° et 4° de l'article L. 160-14), les indemnités peuvent être servies pendant trois ans ; lorsque ce n'est pas le cas, la durée maximale est ramenée à un an.
Selon le décret, ces règles s'appliquent « aux arrêts de travail prescrits à compter du 15 octobre 2026 ainsi qu'aux arrêts de travail en cours au 15 octobre 2026 pour une incapacité de travail atteignant six mois à compter de cette date » (décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026, art. 3). Si, au 15 octobre 2026, vous bénéficiez déjà du régime des arrêts longs sans que votre participation aux frais de santé soit limitée ou supprimée, l'ancienne durée de trois ans continue de s'appliquer jusqu'à son terme (même article). Pour un arrêt long, faites le point avec votre médecin sur l'affection de longue durée : c'est elle qui décide désormais de la durée de vos indemnités.
À jour au 1er octobre 2026.
Ces limites expliquent aussi pourquoi un arrêt long se prépare : au-delà, se posent la question de l'invalidité, celle de l'inaptitude et celle du départ. Plus vous les anticipez, plus vous gardez la main.
Pour aller plus loin → Combien de temps peut durer l'arrêt, et comment le prolonger
4. Toucherez-vous 100 % de votre salaire ?
Pas par le seul jeu de la loi, mais souvent grâce à votre convention collective ou à votre prévoyance (voir comment toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie). Trois étages se superposent :
- Les indemnités journalières de la Sécurité sociale : la moitié de votre revenu d'activité antérieur (art. R. 323-5), calculé sur vos trois derniers salaires et retenu dans la limite de 1,4 fois le SMIC (art. R. 323-4). Elles sont versées à partir du quatrième jour d'arrêt (art. R. 323-1, 1°).
- Le complément de l'employeur, si vous avez « une année d'ancienneté dans l'entreprise » et êtes pris en charge par la sécurité sociale (art. L. 1226-1) : 90 % de votre rémunération brute pendant les trente premiers jours, puis deux tiers pendant les trente jours suivants (art. D. 1226-1). Ces durées augmentent de dix jours par période entière de cinq ans d'ancienneté au-delà de la première année, dans la limite de quatre-vingt-dix jours chacune (art. D. 1226-2), et le complément n'est dû qu'après sept jours d'absence pour une maladie ordinaire (art. D. 1226-3). Votre convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir beaucoup mieux : c'est l'un des premiers points qu'un avocat vérifie.
- La prévoyance, qui prend le relais lorsque le maintien de salaire s'épuise. C'est aussi le dispositif le plus souvent bloqué : vérifiez tôt que l'employeur a bien déclaré votre arrêt à l'organisme de prévoyance.
N'oubliez pas vos assurances de prêt, qui peuvent prendre en charge vos échéances pendant l'arrêt, et vérifiez si vous êtes subrogé (l'employeur perçoit les indemnités journalières et vous verse l'ensemble). Les calculs, les délais et les blocages les plus fréquents sont détaillés dans notre guide revenus pendant l'arrêt : indemnités journalières, maintien de salaire, prévoyance.
Convention collective, prévoyance, complément employeur : les dispositifs se cumulent et se ratent facilement. Décrivez-moi votre situation, je vous recontacte personnellement.
5. Pendant l'arrêt : sorties, voyages, contrôles
Être en arrêt ne veut pas dire rester cloîtré chez soi, mais quelques règles s'imposent, et les ignorer peut vous coûter le remboursement de vos indemnités. Vous devez notamment observer les prescriptions du médecin, respecter les heures de sortie autorisées et vous abstenir de toute activité non autorisée (art. L. 323-6 du code de la sécurité sociale).
Les horaires. Le médecin indique sur l'arrêt si les sorties sont autorisées. Si elles le sont, vous devez être présent à votre domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf soins ou examens médicaux. Il peut aussi autoriser des « sorties libres », en portant sur l'arrêt les éléments médicaux qui le justifient, et indiquer les activités autorisées hors du domicile (art. R. 323-11-1). En pratique, les gestes de la vie courante (courses, aller chercher ses enfants) restent possibles.
Les déplacements. Pendant la maladie, vous ne devez pas quitter la circonscription de votre caisse sans son autorisation préalable (règlement intérieur des caisses primaires, art. 37). Si vous séjournez ailleurs que chez vous, deux informations sont désormais obligatoires : votre caisse doit connaître sans délai l'adresse où le contrôle peut être réalisé (art. L. 323-6, 6°), et votre employeur votre lieu de repos et, si vous êtes en sorties libres, les horaires auxquels une contre-visite peut avoir lieu (art. R. 1226-10 du code du travail).
Les contrôles. Trois acteurs peuvent vérifier que l'arrêt est justifié : le service médical de la caisse, un médecin mandaté par l'employeur et le médecin de la prévoyance, qui peut se montrer plus exigeant que la caisse. Le sport, les voyages, la formation pendant l'arrêt et la préparation d'un contrôle sont détaillés dans notre guide sorties et activités autorisées pendant un arrêt pour burn-out.
6. Faire reconnaître une maladie professionnelle
Le burn-out ne figure dans aucun tableau de maladies professionnelles. Il peut pourtant être reconnu « hors tableau » lorsqu'il est établi qu'il est essentiellement et directement causé par votre travail habituel et qu'il entraîne une incapacité permanente d'au moins 25 %, après l'avis d'un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (art. L. 461-1 et R. 461-8 du code de la sécurité sociale). La loi précise que les pathologies psychiques peuvent être reconnues dans ces conditions.
La reconnaissance ouvre un régime plus favorable et, en cas de licenciement pour une inaptitude qui en résulte, une indemnité spéciale « égale au double » de l'indemnité légale (art. L. 1226-14 du code du travail). Mais la démarche est longue et incertaine, et elle n'est pas toujours dans votre intérêt : la vraie difficulté est de démontrer le lien direct et essentiel avec le travail, et le gain dépend beaucoup de votre contrat de prévoyance. C'est une décision à prendre au cas par cas, avec les éléments détaillés dans notre guide faire reconnaître le burn-out en maladie professionnelle.
7. Après l'arrêt : reprendre ou partir
Préparer une reprise
Avant de reprendre, voyez votre médecin traitant : il peut prescrire une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique, que les indemnités journalières accompagnent lorsque le travail effectué est de nature à favoriser l'amélioration de votre état (art. L. 323-3 du code de la sécurité sociale). Vous pouvez aussi demander vous-même une visite au médecin du travail, notamment lorsque vous anticipez un risque d'inaptitude (art. R. 4624-34 du code du travail), et solliciter un rendez-vous de liaison avec votre employeur lorsque l'arrêt dépasse trente jours (art. L. 1226-1-3 et D. 1226-8-1). Demandez concrètement sur quel poste et avec quels aménagements se ferait votre retour : la réponse révèle vite si l'employeur veut réellement adapter les choses. Et si vous vous sentez prêt avant la fin de l'arrêt, informez-en sans délai votre caisse (art. L. 323-6, 5° du code de la sécurité sociale).
Sur ce point, l'article de notre partenaire Elen Mailfert, assistante sociale spécialisée en santé au travail, « Maladie, accident, arrêt de travail… Reprendre son activité et se maintenir en emploi », donne des repères concrets.
Vos congés payés continuent de courir. Pendant un arrêt pour maladie non professionnelle, vous acquérez des congés à raison de deux jours ouvrables par mois, dans la limite de vingt-quatre jours par période de référence (art. L. 3141-5 et L. 3141-5-1 du code du travail). Dans le mois qui suit votre reprise, l'employeur doit vous indiquer le nombre de jours dont vous disposez et la date jusqu'à laquelle vous pouvez les prendre (art. L. 3141-19-3).
Quitter l'entreprise sans perdre vos droits
Si la reprise n'est pas envisageable, ce qui est fréquent quand le burn-out vient de l'environnement de travail lui-même, mieux vaut négocier son départ que démissionner : la démission vous prive en principe des allocations chômage. Plusieurs voies existent :
- la rupture conventionnelle, qui peut se signer pendant l'arrêt et ouvre droit, sous conditions, au chômage : la méthode est dans notre guide négocier une rupture conventionnelle après un burn-out, et ce qu'elle change pour vos indemnités dans rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ;
- l'inaptitude, lorsque votre santé empêche toute reprise : elle ne se négocie pas, c'est le médecin du travail qui la prononce, et elle se prépare tôt (voir ce que vous toucherez) ;
- la prise d'acte et la résiliation judiciaire, réservées aux manquements graves de l'employeur et risquées : elles se discutent avec un avocat, jamais par défaut (voir les portes de sortie).
Et si c'est l'employeur qui prend l'initiative pendant votre arrêt ? Un licenciement prononcé en raison de votre état de santé est discriminatoire (art. L. 1132-1 du code du travail). Un licenciement pour un autre motif reste possible, notamment lorsque votre absence prolongée désorganise l'entreprise au point d'imposer votre remplacement définitif : voyez licenciement pendant un arrêt maladie pour burn-out. Et si un arrêt survient pendant un préavis, de démission ou de licenciement, les règles sont dans préavis et arrêt maladie.
8. Si l'employeur n'a pas protégé votre santé
L'employeur « prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » (art. L. 4121-1 du code du travail). Informé d'une souffrance et resté inactif, il engage sa responsabilité. C'est pourquoi il est utile, en amont, de garder des traces — un mail factuel sur la surcharge, une demande de visite au médecin du travail —, sans transformer la relation en affrontement.
Les recours possibles vont des dommages et intérêts devant le conseil de prud'hommes à l'action en faute inexcusable lorsque la maladie professionnelle est reconnue. Ils sont détaillés dans burn-out : la responsabilité de l'employeur et vos recours et, lorsque le burn-out découle d'agissements répétés, dans arrêt maladie pour harcèlement moral au travail. Au-delà de l'indemnisation, ces leviers pèsent dans la négociation d'un départ.
Selon les preuves dont vous disposez, vous avez peut-être des recours, et un vrai poids dans la négociation. Décrivez-moi votre situation, je vous recontacte personnellement.
Questions fréquentes
Combien de temps peut durer un arrêt maladie pour burn-out ?
Il n'y a pas de durée maximale de l'arrêt : il se renouvelle tant que votre état le justifie. Depuis le 1er septembre 2026, chaque prescription est plafonnée à 31 jours pour un premier arrêt et à 62 jours pour une prolongation, sauf justification médicale. Les indemnités journalières sont, elles, limitées à 360 jours sur trois ans en règle générale, avec une durée propre en cas d'affection de longue durée.
Quelle est la durée moyenne d'un arrêt pour burn-out ?
Il n'existe pas de durée type : elle dépend de votre état et de ce qui change, ou non, dans votre travail. D'après l'expérience du cabinet, il faut souvent entre six mois et deux ans pour retrouver un fonctionnement proche de la normale après un burn-out important.
Comment toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie pour burn-out ?
La loi seule n'y suffit pas : les indemnités journalières couvrent la moitié du salaire de base, plafonné, et le complément légal de l'employeur porte l'indemnisation à 90 % puis aux deux tiers pendant des durées limitées. Le maintien intégral vient de votre convention collective, d'un accord d'entreprise ou de votre prévoyance.
Qui peut prolonger mon arrêt ?
Le médecin qui a prescrit l'arrêt initial ou votre médecin traitant. Une prolongation prescrite par un autre médecin ne maintient pas l'indemnisation, sauf impossibilité dûment justifiée.
Puis-je sortir de chez moi pendant un arrêt pour burn-out ?
Oui si votre médecin l'autorise : vous devez alors être présent à votre domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, sauf soins ou examens. Des sorties libres sont possibles si le médecin les justifie médicalement sur l'arrêt.
Comment prouver un burn-out ?
Le diagnostic relève de votre médecin ou d'un psychiatre. Le lien avec le travail, lui, se démontre par des éléments concrets : alertes écrites sur la surcharge, mails et horaires, témoignages, échanges avec le médecin du travail. C'est ce dossier qui compte pour une reconnaissance en maladie professionnelle comme devant le conseil de prud'hommes.
Peut-on être licencié pendant un arrêt pour burn-out ?
Pas en raison de votre état de santé : ce serait une discrimination. Un licenciement pour un autre motif reste possible, par exemple lorsque l'absence prolongée désorganise l'entreprise et impose un remplacement définitif.
Le burn-out peut-il être reconnu comme maladie professionnelle ?
Oui, hors tableau, s'il est essentiellement et directement causé par le travail habituel et entraîne une incapacité permanente d'au moins 25 %, après avis d'un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.
Vaut-il mieux démissionner après un burn-out ?
Rarement : la démission fait en principe perdre le droit au chômage. Une sortie négociée, comme la rupture conventionnelle, est presque toujours préférable.
Mon employeur peut-il me demander de travailler pendant l'arrêt ?
Non : votre contrat est suspendu et vous devez vous abstenir de toute activité non autorisée. S'il vous sollicite de façon répétée, dites-lui que ces sollicitations nuisent à votre santé et conservez les échanges.
En vidéo
Invité par Lex Daily News, je reprends l'essentiel : reconnaître le burn-out, sécuriser l'arrêt, préserver ses revenus et activer les bons leviers — sans se précipiter.
« Burn-out : comment faire valoir vos droits ? » — interview de Me Guillaume Delord (chaîne Lex Daily News).

Me Guillaume Delord
Avocat au barreau de Paris, fondateur du cabinet Instant Avocat. J'ai d'abord défendu les employeurs — au sein d'un grand cabinet, en contestant les accidents du travail et les maladies professionnelles déclarés par les salariés — avant de consacrer toute ma pratique aux salariés en souffrance, et en particulier aux victimes de burn-out, partout en France. Cette double expérience me permet de connaître les arguments des deux camps et de les retourner au service de mes clients. Mon approche, à contre-courant : la santé d'abord, puis une stratégie juridique sur mesure — ne jamais se précipiter, activer les bons droits au bon moment. En savoir plus → Qui sommes-nous
Sources & références
- Burn-out et certificat de complaisance — Conseil d'État, 28 mai 2024, n° 469089 (Légifrance).
- Transmission de l'arrêt et éléments médicaux — Code de la sécurité sociale, art. R. 321-2 et L. 162-4-1.
- Durée des prescriptions et prolongation — Code de la sécurité sociale, art. L. 162-4-4 et R. 162-1-7-1 (décret n° 2026-498 du 12 juin 2026).
- Durée d'indemnisation — Code de la sécurité sociale, art. L. 323-1, R. 323-1, L. 324-1, R. 324-1 ; décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026.
- Montant des indemnités journalières — Code de la sécurité sociale, art. R. 323-4 et R. 323-5. Complément de l'employeur — Code du travail, art. L. 1226-1, D. 1226-1, D. 1226-2, D. 1226-3.
- Obligations pendant l'arrêt — Code de la sécurité sociale, art. L. 323-6 et R. 323-11-1 ; arrêté du 19 juin 1947 fixant le règlement intérieur modèle des caisses primaires, art. 37 ; Code du travail, art. R. 1226-10.
- Maladie professionnelle hors tableau — Code de la sécurité sociale, art. L. 461-1 et R. 461-8 ; indemnité spéciale — Code du travail, art. L. 1226-14.
- Reprise — Code de la sécurité sociale, art. L. 323-3 ; Code du travail, art. R. 4624-34, L. 1226-1-3 et D. 1226-8-1.
- Congés payés pendant l'arrêt — Code du travail, art. L. 3141-5, L. 3141-5-1 et L. 3141-19-3 (loi n° 2024-364 du 22 avril 2024).
- Discrimination liée à l'état de santé — Code du travail, art. L. 1132-1. Obligation de sécurité — art. L. 4121-1.
