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Arrêt maladie : maintien de salaire, indemnités journalières, prévoyance — comment toucher 100 %

Mis à jour le 1er octobre 2026 — Par Me Guillaume Delord, avocat au barreau de Paris · Lecture : ~18 min

Contenu rédigé par un avocat au barreau de Paris et vérifié : textes et montants contrôlés à la source le 1er octobre 2026 (Légifrance, ameli.fr).

« Si je m'arrête, comment je vis ? » C'est la première question de tout salarié qui envisage un arrêt maladie, et celle qui retient le plus de salariés au bord du burn-out — je la comprends. Mais c'est souvent cette peur, mal informée, qui pousse à la pire décision : démissionner ou se précipiter, alors qu'un arrêt bien indemnisé vous donne précisément le temps de vous soigner sans vous ruiner. Car pendant un arrêt, vous n'êtes pas livré à vous-même : plusieurs dispositifs se cumulent — Sécurité sociale, employeur, prévoyance, assurances — pour maintenir une grande partie de vos revenus. Encore faut-il les connaître, les activer, et déjouer les blocages : je vois chaque semaine des salariés privés, des mois durant, de sommes auxquelles ils avaient pourtant droit. C'est tout l'objet de ce guide.

En bref : non, vous ne perdez pas tout votre salaire. Vos revenus se reconstituent par étages qui se cumulent. La Sécurité sociale verse la base, mais elle est faible (50 % du salaire journalier, plafonné, après 3 jours de carence). S'y ajoute, selon votre ancienneté, un complément de l'employeur (souvent jusqu'à ~90 % du salaire pendant un temps), puis la prévoyance pour les arrêts longs — c'est elle qui maintient l'essentiel de votre rémunération. Deux réflexes décisifs : vérifier tôt votre convention collective et vos accords d'entreprise (souvent plus favorables), et vous assurer que l'employeur a bien anticipé le relais de la prévoyance. Pensez aussi à votre assurance emprunteur.

Combien de temps ? À partir d'un an d'ancienneté, le maintien de salaire légal dure de 60 à 180 jours selon l'ancienneté, apprécié sur douze mois. Toucher 100 % ? C'est possible, mais par votre convention collective ou votre prévoyance, pas par la loi seule : voyez les quatre leviers.

1. Qui paie quoi : le « millefeuille » des revenus

Premier réflexe : comprendre que, pendant l'arrêt, ce n'est pas « votre salaire » qui tombe d'un coup. Votre rémunération est reconstituée par étages :

Chacun de ces étages a ses conditions et ses limites. L'erreur classique est de n'en activer qu'un seul — et de se croire moins bien indemnisé qu'on ne l'est réellement. Voyons-les un par un.

Le « millefeuille » des revenus pendant l'arrêt

Salaire net habituel (~100 %) IJSS Sécu ~50 % plafonné Sécurité sociale seule IJSS Sécu Complément employeur Prévoyance Maintien + prévoyance l'écart à combler
Illustratif — chaque étage dépend de votre convention collective et de votre contrat de prévoyance.

2. Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS)

C'est la base de votre indemnisation. Pour un arrêt maladie d'origine non professionnelle, l'Assurance Maladie verse une indemnité égale à la moitié de votre salaire journalier de base, calculé sur vos trois dernières paies divisées par 91,25 (art. R. 323-5 et R. 323-4 du code de la sécurité sociale).

Le plafond 2026

Depuis avril 2025, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 SMIC (contre 1,8 auparavant). En pratique, l'indemnité journalière maximale est de 41,95 € bruts pour les arrêts prescrits en juin 2026 et de 42,97 € bruts pour les arrêts prescrits à compter de juillet 2026 (ameli.fr). Les indemnités supportent la CSG et la CRDS et sont imposables, sauf lorsqu'elles sont versées pour une affection de longue durée exonérante. Au-delà de ce plafond, la part de salaire qui dépasse n'est pas indemnisée par la Sécurité sociale — d'où l'importance du complément employeur et de la prévoyance pour les rémunérations élevées.

Carence et conditions

Les IJSS sont versées à partir du quatrième jour d'arrêt : les trois premiers jours constituent le délai de carence (art. R. 323-1, 1°). Pour une affection relevant du régime des arrêts longs (art. L. 324-1), ce délai ne s'applique qu'au premier des arrêts dus à la même affection, pour la période d'indemnisation. Pour y avoir droit, il faut, au moment de l'arrêt, avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois civils ou des 90 jours précédents, ou avoir suffisamment cotisé ; au-delà de six mois d'arrêt, il faut en outre douze mois d'affiliation et 600 heures de travail sur les douze mois précédents, ou un montant de cotisations équivalent (art. R. 313-3).

Pendant combien de temps ?

Les indemnités journalières ne sont pas illimitées. En règle générale, vous ne pouvez pas en recevoir plus de 360 sur une période de trois ans (art. R. 323-1, 3° du code de la sécurité sociale). Les arrêts liés à une affection de longue durée ou à une interruption de travail de plus de six mois (art. L. 324-1 et R. 324-1) suivent une règle propre, qui change au 15 octobre 2026.

Nouveau au 15 octobre 2026. Lorsque votre participation aux frais de santé est limitée ou supprimée au titre d'une affection de longue durée (3° et 4° de l'article L. 160-14), les indemnités peuvent être servies pendant trois ans ; dans le cas contraire, la durée maximale est ramenée à un an (art. R. 323-1, 2°). Ces règles s'appliquent « aux arrêts de travail prescrits à compter du 15 octobre 2026 ainsi qu'aux arrêts de travail en cours au 15 octobre 2026 pour une incapacité de travail atteignant six mois à compter de cette date » (décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026, art. 3). Si, au 15 octobre 2026, vous bénéficiez déjà du régime des arrêts longs sans que votre participation aux frais de santé soit limitée ou supprimée, l'ancienne durée de trois ans continue de s'appliquer jusqu'à son terme (même article). Pour un arrêt long, faites le point avec votre médecin sur l'affection de longue durée : c'est elle qui décide désormais de la durée de vos indemnités.

Versement direct ou subrogation

Les IJSS peuvent vous être versées directement par l'Assurance Maladie, ou transiter par votre employeur lorsque la subrogation est en place : dans ce cas, l'employeur perçoit les IJSS et vous verse l'ensemble (salaire maintenu + indemnités), ce qui évite les ruptures de versement. Vérifiez ce point, car il change votre trésorerie.

3. Le maintien de salaire par l'employeur : conditions, montant, durée

Au titre de la loi dite de mensualisation, votre employeur doit, sous conditions, compléter les IJSS. Les conditions principales :

Combien de temps dure le maintien de salaire ?

Le maintien légal est de 90 % de la rémunération brute que vous auriez perçue pendant les trente premiers jours, puis des deux tiers pendant les trente jours suivants (art. D. 1226-1 du code du travail). Ces deux durées augmentent de dix jours par période entière de cinq ans d'ancienneté au-delà de la première année, sans pouvoir dépasser quatre-vingt-dix jours chacune (art. D. 1226-2) :

AnciennetéDurée totale d'indemnisation (légale)
1 an à moins de 6 ans60 jours (30 j à 90 % + 30 j à 2/3)
6 à moins de 11 ans80 jours (40 + 40)
11 à moins de 16 ans100 jours (50 + 50)
16 à moins de 21 ans120 jours (60 + 60)
21 à moins de 26 ans140 jours (70 + 70)
26 à moins de 31 ans160 jours (80 + 80)
31 ans et plus180 jours (90 + 90)

Trois précisions changent souvent le calcul :

Mais attention : ce tableau est le minimum légal. Votre convention collective peut être bien plus favorable (carence supprimée, maintien à 100 %, durées allongées). C'est le premier document à vérifier — il change parfois tout.

Êtes-vous sûr de toucher tout ce à quoi vous avez droit ?

Convention collective, subrogation, complément, prévoyance : on vérifie ensemble chaque étage de votre indemnisation.

4. La prévoyance : le dispositif décisif (et le plus mal connu)

S'il ne fallait retenir qu'un mot de cet article, ce serait celui-là. Quand les durées d'indemnisation de l'employeur s'épuisent, c'est la prévoyance qui maintient tout ou partie de votre rémunération — parfois à un niveau proche du salaire net, selon les contrats. Pour un burn-out, qui se prolonge souvent bien au-delà de quelques mois, c'est le filet qui évite la chute libre.

Et pourtant, c'est aussi le dispositif qui pose le plus de problèmes. Dans ma pratique, près de deux salariés en burn-out sur trois rencontrent des difficultés financières — et la cause est presque toujours la même : la prévoyance. Versements qui tardent, droits contestés, dossiers qui s'enlisent. C'est une double peine : on manque d'énergie au moment précis où il faudrait se battre pour faire valoir ses droits.

Pourquoi ça coince si souvent : la relation à trois

La prévoyance repose sur une relation tripartite : l'assureur, l'employeur et vous. Subtilité décisive : même si le contrat est censé vous protéger, c'est l'employeur qui est le client de l'assureur, et c'est souvent par lui que transite le déclenchement des garanties. Il suffit alors d'une incompréhension, d'un retard administratif, d'une attestation non transmise — ou de la mauvaise foi de l'un des maillons — pour que vous restiez des mois sans percevoir ce qui vous est dû.

Comment savoir si vous êtes couvert ?

Une notice d'information a normalement dû vous être remise à l'embauche. À défaut, cherchez du côté de votre contrat de travail, de votre livret d'accueil et de votre convention collective (qui peut imposer un tel contrat). Vos bulletins de paie mentionnent les cotisations de prévoyance — mais attention : ils prouvent que vous cotisez, sans rien dire de l'étendue de vos droits. Seule la notice fixe les garanties, les délais de franchise et les conditions : récupérez-la au plus tôt.

Les bons réflexes pour débloquer (et sécuriser) vos droits

5. Comment toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie

La loi garantit au mieux 90 % de la rémunération brute, puis les deux tiers, pendant des durées limitées : le maintien intégral vient d'ailleurs. Quatre leviers, à vérifier dans cet ordre :

Toucher 100 % : les quatre leviers

1. Convention collective maintien intégral, carence supprimée, durées allongées 2. Prévoyance prend le relais quand le maintien s'épuise 3. Origine professionnelle 60 % puis 80 %, sans carence ; complément dès J1 4. Contrôle subrogation, attestation, relevés, bordereaux
Le niveau atteint dépend de votre convention collective et de votre contrat de prévoyance.
  1. Votre convention collective, ou un accord d'entreprise. C'est le levier le plus fréquent : beaucoup de conventions prévoient un maintien du salaire plus élevé ou plus long que la loi, voire le maintien pendant les jours de carence. Le nom de votre convention figure sur votre bulletin de paie ; son texte se consulte gratuitement sur Légifrance. Les accords d'entreprise, plus difficiles à trouver, sont à demander aux ressources humaines ou aux représentants du personnel.
  2. Votre prévoyance. Elle prend le relais lorsque le maintien de salaire s'épuise, à un niveau fixé par le contrat. Seule la notice dit ce que vous toucherez et à partir de quand : récupérez-la (partie 4).
  3. L'origine professionnelle de l'arrêt. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, l'indemnité journalière est versée à partir du lendemain de l'arrêt (art. L. 433-1 du code de la sécurité sociale), sur la base de 60 % du salaire journalier, porté à 80 % à partir du vingt-neuvième jour (art. R. 433-1 et R. 433-3), et le complément de l'employeur est dû dès le premier jour, hors accident de trajet (art. D. 1226-3 du code du travail). Pour un burn-out, cela passe par une reconnaissance en maladie professionnelle, qui se décide au cas par cas.
  4. Le contrôle de chaque versement. Beaucoup de pertes viennent d'erreurs ou de retards : subrogation mal appliquée, attestation de salaire non transmise, prévoyance non déclarée. Comparez vos bulletins, vos relevés d'indemnités journalières et les bordereaux de la prévoyance (parties 7 et 8).

Pour un arrêt lié à une dépression ou à un burn-out, les règles sont les mêmes que pour toute maladie ordinaire, tant que l'origine professionnelle n'est pas reconnue : c'est votre convention et votre prévoyance qui font la différence. Ne confondez pas avec la prise en charge « à 100 % » d'une affection de longue durée : elle porte sur vos frais de santé, pas sur votre salaire.

6. Vos assurances (prêt immobilier)

Un poste souvent oublié, et pourtant décisif pour votre budget : si vous remboursez un crédit immobilier, votre assurance emprunteur peut prendre en charge vos échéances pendant l'arrêt (au titre de la garantie « incapacité temporaire de travail »). Vérifiez votre contrat : délai de franchise, conditions, durée. C'est parfois plusieurs centaines d'euros par mois en moins à assumer.

Regardez aussi vos contrats d'assurance habitation, de carte bancaire ou une éventuelle protection juridique autonome : une garantie peut prendre en charge une partie de vos frais d'avocat. Les accompagnements amiables y sont rarement bien couverts, mais cela se vérifie en un appel.

Exemple. Pour un salaire brut de 3 000 €, les seules IJSS plafonnées représentent environ 1 290 € bruts par mois — loin du salaire habituel. C'est le cumul avec le complément employeur (jusqu'à 90 % un temps) puis la prévoyance qui permet, selon la convention collective, de maintenir l'essentiel des revenus. Et si un prêt immobilier est en cours, l'assurance emprunteur peut, en plus, suspendre les mensualités.

7. Les pièges et points de vigilance

L'employeur ne transmet pas l'attestation de salaire

C'est l'attestation de salaire qui permet à la CPAM de calculer vos IJSS, et sa transmission est une obligation légale de l'employeur. S'il ne la transmet pas, ne saisissez pas tout de suite le conseil de prud'hommes : commencez par insister auprès de lui. Sachez ensuite qu'il existe une possibilité souvent méconnue — y compris des caisses, qui font parfois blocage : vous pouvez transmettre vous-même vos trois derniers bulletins de salaire, avec une attestation sur l'honneur de votre dernier jour travaillé, pour que la CPAM reconstitue vos droits. Si les échanges en ligne n'aboutissent pas, un rendez-vous physique avec un agent ou le service social de la caisse débloque souvent la situation.

Le contrôle peut suspendre vos indemnités

Le médecin-conseil de la CPAM, l'employeur ou la prévoyance peuvent diligenter un contrôle. Le non-respect des règles de l'arrêt (horaires de sortie, activité interdite) peut entraîner la suspension des indemnités, voire leur restitution. Respecter le cadre de l'arrêt, c'est aussi protéger vos revenus.

Un point que beaucoup ignorent : le contrôle de la prévoyance est indépendant de celui de la CPAM. L'organisme de prévoyance mandate son propre médecin, qui peut se montrer plus exigeant que le médecin-conseil de la Sécurité sociale. On peut donc se retrouver avec une CPAM qui maintient l'arrêt et une prévoyance qui, de son côté, cesse de verser son complément en estimant que vous pourriez reprendre. Une contestation est possible, mais elle n'a rien d'évident — raison de plus pour préparer ces contrôles (être présent au rendez-vous, documenter votre suivi médical) et ne pas les prendre à la légère.

Bien préparer un contrôle médical

C'est l'une des angoisses majeures des arrêts longs — et l'un des moments les plus mal préparés. Le contrôle (CPAM ou prévoyance) vise une seule question : votre arrêt est-il toujours justifié ? Concrètement, le médecin vérifie que vous n'êtes ni guéri (retour à l'état antérieur à l'arrêt) ni consolidé (votre état ne s'aggrave plus et les séquelles se stabilisent). L'enjeu est réel : être déclaré consolidé met fin aux indemnités d'arrêt maladie et vous oriente vers une rente d'incapacité ou d'invalidité — ce qu'il faut éviter tant que votre état est encore évolutif.

La bonne posture n'est donc pas de « prouver que vous allez mal », mais de montrer que vous êtes toujours en soins, que des améliorations sont espérées et que vous avez besoin de temps pour vous rétablir. Évitez d'afficher une intention définitive de quitter l'entreprise : cela pourrait pousser le médecin vers une inaptitude que vous n'avez pas choisie. Quelques réflexes concrets :

C'est typiquement un rendez-vous qui se prépare : adopter la bonne posture, au bon moment, sans rien laisser au hasard, fait partie de ce que l'on cale ensemble en accompagnement.

Le mi-temps thérapeutique

À la reprise, un mi-temps thérapeutique peut être mis en place sur prescription médicale : vous reprenez à temps partiel et votre rémunération se reconstitue par deux canaux — votre employeur vous paie au prorata du temps travaillé, et la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (sans nouveau délai de carence) pour compenser une partie du temps non travaillé. Un point de vigilance souvent mal anticipé : à propos d'une convention collective qui prévoyait le maintien du salaire en cas d'arrêt maladie, la Cour de cassation a jugé que le salarié en mi-temps thérapeutique « devait être considéré comme ayant repris le travail », de sorte que la garantie conventionnelle de maintien du salaire ne lui était pas applicable (Cass. soc., 21 mars 2007, n° 06-40.891, inédit, à propos de la convention collective du 15 mars 1966). Vérifiez donc ce que prévoient votre convention et votre prévoyance avant de vous engager.

8. Comment ne pas perdre d'argent pendant l'arrêt : les bons réflexes

Pour aller plus loin → Faire reconnaître le burn-out en maladie professionnelle (indemnités majorées) · Se faire arrêter pour fatigue, stress ou burn-out · Négocier son départ · Arrêt maladie pour burn-out : durée, salaire et droits

Un doute sur le calcul de vos indemnités ?

Erreur de la CPAM, complément non versé, prévoyance bloquée : ces situations se débloquent. Faisons le point.

Questions fréquentes

Combien touche-t-on pendant un arrêt maladie ?

La Sécurité sociale verse la moitié du salaire journalier de base, dans la limite de 42,97 € bruts par jour pour les arrêts prescrits depuis juillet 2026, à partir du quatrième jour. L'employeur complète sous conditions (90 %, puis deux tiers), puis la prévoyance prend le relais.

Comment toucher 100 % de son salaire en arrêt maladie ?

Par votre convention collective ou un accord d'entreprise, puis par votre prévoyance : la loi seule ne permet pas d'atteindre 100 %. La reconnaissance d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle améliore aussi l'indemnisation.

Combien de temps dure le maintien de salaire ?

Au minimum légal, 30 jours à 90 % puis 30 jours aux deux tiers avec un an d'ancienneté, chaque durée augmentant de dix jours par période entière de cinq ans au-delà de la première année, jusqu'à 90 jours chacune, soit 180 jours au plus (à partir de 31 ans d'ancienneté). Les durées s'apprécient sur les douze mois précédents. Votre convention collective peut prévoir davantage.

Comment ne pas perdre d'argent en arrêt maladie ?

Vérifiez tôt votre convention collective et votre notice de prévoyance, assurez-vous que l'employeur a transmis l'attestation de salaire et déclaré l'arrêt à la prévoyance, déclarez l'arrêt à votre assurance de prêt, et contrôlez chaque versement.

Qui paie le complément de salaire en arrêt maladie ?

L'employeur, qui déduit de ce qu'il doit les indemnités journalières de la Sécurité sociale et la part de prévoyance qu'il finance. En cas de subrogation, il perçoit les indemnités journalières à votre place et vous verse l'ensemble.

L'employeur est-il obligé de compléter mon salaire ?

Oui, sous conditions (au moins un an d'ancienneté, arrêt justifié dans les 48 heures, prise en charge par la Sécurité sociale), et à partir du huitième jour d'absence pour une maladie ordinaire. La convention collective peut prévoir mieux.

Mon salaire est-il maintenu à 100 % pendant un arrêt pour dépression ou burn-out ?

Les règles sont celles de toute maladie ordinaire tant que l'origine professionnelle n'est pas reconnue : vous ne toucherez 100 % que si votre convention collective, un accord d'entreprise ou votre prévoyance le prévoient.

Qu'est-ce que la prévoyance et quand intervient-elle ?

C'est une assurance (souvent d'entreprise) qui prend le relais pour les arrêts longs, une fois épuisées les durées d'indemnisation de l'employeur. Vérifiez votre notice et vos bulletins de paie.

Mon assurance de prêt peut-elle payer mes mensualités ?

Souvent oui, au titre de la garantie incapacité temporaire de travail, après le délai de franchise et dans les conditions du contrat.

Que faire si mon employeur ne transmet pas l'attestation de salaire ?

Transmettez vos 3 derniers bulletins et une attestation sur l'honneur à la CPAM ; et, en cas de blocage, le conseil de prud'hommes peut condamner l'employeur à des dommages et intérêts.

Me Guillaume Delord, avocat au barreau de Paris

Me Guillaume Delord

Avocat au barreau de Paris, fondateur du cabinet Instant Avocat. J'ai d'abord défendu les employeurs — au sein d'un grand cabinet, en contestant les accidents du travail et les maladies professionnelles déclarés par les salariés — avant de consacrer toute ma pratique aux salariés en souffrance, et en particulier aux victimes de burn-out, partout en France. Cette double expérience me permet de connaître les arguments des deux camps et de les retourner au service de mes clients. Mon approche, à contre-courant : la santé d'abord, puis une stratégie juridique sur mesure — ne jamais se précipiter, activer les bons droits au bon moment. En savoir plus → Qui sommes-nous

Sources & références

  • Indemnités journalières maladie : montant, carence, conditions — Code de la sécurité sociale, art. R. 313-3, R. 323-1, R. 323-4 et R. 323-5 ; montants maximaux 2026, prélèvements et imposition — ameli.fr, « Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières du salarié » (mise à jour du 1er septembre 2026).
  • Maintien de salaire par l'employeur — Code du travail, art. L. 1226-1 (version en vigueur depuis le 27 juin 2026), D. 1226-1 à D. 1226-5. Mi-temps thérapeutique — Cass. soc., 21 mars 2007, n° 06-40.891 (Légifrance).
  • Accident du travail et maladie professionnelle — Code de la sécurité sociale, art. L. 433-1, R. 433-1 et R. 433-3.
  • Obligations pendant l'arrêt et contrôle — Code de la sécurité sociale, art. L. 323-6.
  • Durée d'indemnisation — Code de la sécurité sociale, art. L. 323-1, R. 323-1, L. 324-1 et R. 324-1 ; décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026.
  • Congés payés pendant l'arrêt — Code du travail, art. L. 3141-5, L. 3141-5-1 et L. 3141-19-3 (loi n° 2024-364 du 22 avril 2024).